La force lyonnaise, c'est en partie celle de son banc de touche. En faisant venir Kim Källström de Rennes il y a maintenant presqu'un an, les champions de France s'étaient ainsi offerts un joker de luxe, qui s'est finalement imposé comme l'un des joueurs les plus influents, notamment durant la deuxième partie de la saison.
Arrivé à l'intersaison pour grossir les rangs déjà bien fournis de l'entrejeu lyonnais, Kim Källström s'est pourtant peu à peu fait une place au sein de cet effectif pléthorique. Celui à qui on prédisait de longues soirées ennuyeuses sur le banc rhodanien n'a finalement raté que deux journées de championnat. Certes, son temps de jeu atteint à peine une heure par match en moyenne mais sa montée en puissance et sa prise de confiance au fil de la saison sont indéniables. "Je savais, en arrivant, qu'il y aurait une grosse concurrence. Finalement, j'ai joué beaucoup de matches, et quelques grosses affiches, que ce soit en championnat ou en Ligue des champions" se réjouissait-il il y a quelques jours, revenant sur le bilan globalement positif de sa première année chez les champions de France. "Je suis content de mon temps de jeu et de mes prestations."
Une juste satisfaction au vu d'une deuxième moitié de saison convaincante et notamment d'une fin d'exercice où il demeure l'un de seuls à apporter du mouvement là où ses coéquipiers peinent à se motiver pour accélérer le jeu. En témoigne par exemple sa prestation face à la Roma où il avait été le plus actif et le plus combatif des Gones...
Motivation et adaptation
Dans un schéma tactique qui ne lui est pas forcément favorable, il est ainsi parvenu à apporter sa touche personnelle et des qualités (comme cette lourde frappe de l'entrée de la surface) dont manquait parfois l'Olympique Lyonnais. Et s'il a du calmer en partie ses ardeurs pour s'adapter au style de jeu rhodanien, davantage porté sur l'usure progressive de l'adversaire, sur les actions travaillées et construites, Kim Källström a démontré qu'il avait sa place sur le terrain. Plus percutant et offensif qu'un Juninho, davantage impliqué dans un rôle de chef d'orchestre distributeur du jeu, plus en retrait que Tiago, Kim Källström commence à trouver son équilibre.
Véritable poison pour les arrière-gardes adverses, dévoreur d'espaces, ses capacités à partir dans le dos des défenseurs et à tenir les duels notamment sur les côtés de la surface de réparation font de lui un danger permanent. Qu'il prenne ses responsabilités en attaque (il n'a cependant inscrit que trois buts contre huit la saison dernière à Rennes) ou joue pour le collectif par ses nombreux centres en retrait... De quoi permettre à Gérard Houllier de disposer d'un atout supplémentaire dans sa manche. Celui d'un joueur capable d'achever une défense en fin de rencontre grâce à son explosivité et surtout ses facultés d'accélération balle au pied.
En route pour la saison prochaine
Encore en phase d'apprentissage sur les bords du Rhône, l'ancien Rennais n'a semble-t-il pas encore atteint le maximum de ses possibilités. Comme en équipe nationale, le Suédois pourrait cependant postuler à cette place de n°10 qui lui tend les bras grâce à cette fin de saison intéressante. D'autant plus que Juninho et surtout Tiago n'ont pas encore fait part de leur envie de continuer l'aventure avec les futurs sextuples champions de France. Ses deux "rivaux" partis, Kim Källström trouverait naturellement un poste de titulaire dans l'entrejeu rhodanien. En revanche, si les deux ne quittaient pas la maison mère, difficile de discerner la place qu'il pourrait occuper.
On voit mal l'entraîneur rhodanien - quel qu'il soit – retoucher au schéma tactique de l'OL et revenir à un 4-4-2 plus classique. Même si, dans ce schéma, Källström pourrait par exemple se retrouver soit côté gauche à la place de Malouda, soit dans l'axe (son poste de prédilection) ou légèrement décalé sur la gauche, aux côtés de Juninho et Tiago et devant Toulalan. Sur la pente ascendante et animé d'un état d'esprit irréprochable pour un joker de luxe, il serait toutefois étonnant de ne pas le voir plus sur les terrains hexagonaux la saison prochaine. Ne tient qu'à lui de se faire une place au soleil...

